A tip to improve the performance of your Bloomberg API application

If you make a request for data which results in a lot of events generated by Bloomberg API (such as long historical intraday data request, or possibly real time subscriptions), do not use the pattern specified in the API documentation, as it may end up making your application very slow to retrieve all events. Basically, do not call NextEvent() on a Session object, use a dedicated EventQueue instead.

Instead of doing this:

var cID = new CorrelationID(1);
session.SendRequest(request, cID);
do {
   Event eventObj = session.NextEvent();
   ...
}

Do this:

var cID = new CorrelationID(1);
var eventQueue = new EventQueue();
session.SendRequest(request, eventQueue, cID);
do {
   Event eventObj = eventQueue.NextEvent();
   ...
}

This simple change may yield performance improvements by an order of magnitude (or not, as the API is known to not be particularly deterministic…).

Le TARP, version 33 A.D.

Dans le Livre VI de ses Annales, Tacite nous rapporte cette “anecdote” de l’an 33, du temps de l’Empereur romain Tibère (et l’année de la mort d’un certain Jésus), qui ne manquera pas de nous délecter, tant elle rappelle l’intervention de l’Etat américain fin 2008 via son Troubled Asset Relief Program.

Affaires intérieures 33 ap. J.-C. (6,15-27) – Traduction Jean-Louis Burnouf, 1859 Répression de l’usure (VI,16-17)

16. Cependant une légion d’accusateurs se déchaîna contre ceux qui s’enrichissaient par l’usure, au mépris d’une loi du dictateur César sur la proportion des créances et des possessions en Italie , loi depuis longtemps mise en oubli par l’intérêt particulier, auquel le bien public est toujours sacrifié. L’usure fut de tout temps le fléau de cette ville, et une cause sans cesse renaissante de discordes et de séditions. Aussi, même dans des siècles où les mœurs étaient moins corrompues, on s’occupa de la combattre. Les Douze Tables réduisirent d’abord à un pour cent l’intérêt, qui, auparavant, n’avait de bornes que la cupidité des riches. Ensuite un tribun le fit encore diminuer de moitié ; enfin on défendit tout prêt à usure, et de nombreux plébiscites furent rendus pour prévenir les fraudes de l’avarice, qui, tant de fois réprimées, se reproduisaient avec une merveilleuse adresse. Le préteur Gracchus, devant qui se faisaient les poursuites dont nous parlons ici, fut effrayé du grand nombre des accusés et consulta le sénat. Les sénateurs alarmés (car pas un ne se sentait irréprochable) demandèrent grâce au prince. Leur prière fut entendue, et dix-huit mois furent donnés à chacun pour régler ses affaires domestiques comme la loi l’exigeait.

17. Des remboursements qui remuaient à la fois toutes les dettes, et la perte des biens de tant de condamnés, qui accumulait dans le fisc ou dans l’épargne les espèces monnayées, rendirent l’argent rare. Ajoutez un décret du sénat qui enjoignait aux prêteurs de placer en biens-fonds situés dans l’Italie les deux tiers de leurs créances. Or ceux-ci les exigeaient en entier ; et les débiteurs, requis de payer, ne pouvaient sans honte rester au-dessous de leurs engagements. En vain ils courent, ils sollicitent ; le tribunal du préteur retentit bientôt de demandes. Les ventes et les achats, où l’on avait cru trouver un remède, augmentèrent le mal. Plus d’emprunts possibles ; les riches serraient leur argent pour acheter des terres. La multitude des ventes en fit tomber le prix ; et plus on était obéré, plus on avait de peine à trouver des acheteurs. Beaucoup de fortunes étaient renversées, et la perte des biens entraînait celle du rang et de la réputation. Enfin Tibère soulagea cette détresse en faisant un fonds de cent millions de sesterces, sur lesquels l’État prêtait sans intérêt, pendant trois ans, à condition que le débiteur donnerait une caution en biens-fonds du double de la somme empruntée. Ainsi l’on vit renaître le crédit, et peu à peu les particuliers même prêtèrent. Quant aux achats de biens, on ne s’en tint pas à la rigueur du sénatus-consulte ; et c’est le sort de toutes les réformes, sévères au commencement, à la fin négligées.

100 millions de sesterces, cela représentait 19 483 561 F du temps de Burnouf (confirmé par le Littré). En 1890, la valeur à parité de pouvoir d’achat était selon plusieurs sources concordantes de 3,30 euros pour un franc. Sachant que le franc germinal, bimétallique de l’Union latine (précurseure de l’UEM, établie le 23 décembre 1865 lors de la Convention de Paris comme “Prélude aux fédérations pacifiques du futur”, selon les terme de Félix Esquirou de Parieu) venait de s’affaiblir suite à la découverte d’importants gisements d’argents (en Alaska notamment), on peut raisonnablement estimer que trente ans auparavant, la valeur p.p.a. du franc était de 4 euros pour un franc. Les 100 millions de sesterces représentent donc l’équivalent de 75 millions d’euros actuels (en extrapolant les chiffres donnés par Robert Etienne dans La vie quotidienne à Pompéi (Hachette, 1966), on aboutit à une estimation similaire, à quelques millions d’euros près).

Si l’on suppose que cette crise était surtout circonscrite aux populations d’Italie, lesquelles représentaient probablement 10% d’un Empire de 50 millions d’habitants, cela fait 15€ par habitant, ou 60 sesterces, le salaire mensuel d’un instituteur romain.
De l’autre côté de l’Atlantique, 750 milliards de dollars mis sur la table, ce sont $2500 par habitant, là aussi l’équivalent du salaire mensuel d’un jeune professeur en école élémentaire publique

Moins d’un siècle après la fin de règne de Tibère, l’Empire romain connaîtra son apogée avec Trajan. Les Etats-Unis seraient-ils seulement à l’aube de leur âge d’or ?

Happy birthday, Farmers Group, Inc.

As I was trying to figure out the exact cut-off times for submitting exercise notice on options, be it early or at expiration date, I stumbled on an interesting case of profitable wildcard option exercise on Farmers Group, Inc. some 22 years ago.

On Friday, the 17th of June 1988, holders of OTM put option contracts on this stock (OTM at the closing time of regular trading hours, which by then was 3:00 PM on PHLX), submitted an exercise notice at 6:00 PM, therefore bypassing the exchange cut-off time of 4:30 PM (still in effect today) but not OCC‘s of 7:00 PM (has not changed either since then though technically 6:30 PM is a safe limit, according to an OIC expert I talked to, who also mentionned that nowadays nobody can exercise after 4:30 PM on expiration Friday).
Why? Because at 6:00 PM, this very Friday, the California Insurance Department barred a takeover of Farmers Group, Inc, which caused a substantial decline in the value of the stock and changed the moneyness of formerly worthless put options.

As of 2010, exercising an officially OTM option at expiration is still possible, though the OCC no longer accepts exercise notices after 4:30 PM. If a broker imposes an earlier cut-off time, he would benefit from exercising OTM options abandoned by its customer (who no longer can decide to exercise), should the market conditions make it worthwhile. Yet they would not need to pay this profit back to their customer since the official closing price was OTM… This is not very ethical for the customer (if the latter is not allowed to submit exercise notice after 3:30 PM for example), but it would be a waste of free money not to do it.

I wonder to which extent brokers are aware of this opportunity, whether it is a common practice, and how much they can really make out of it…

Then, when we talk about early exercise of cash-settled index options, like OEX, it is possible to exercise at the closing price (determined at 3:00 PM) until 3:20 PM CST the same day, according to CBOE’s Rule 11.1, .03:

Clearing Members must follow the procedures of the Clearing Corporation when exercising American-style cash-settled index option contracts issued or to be issued in any account at the Clearing Corporation. Members must also follow the procedures set forth below with respect to American-style cash-settled index options: (a) For all contracts exercised by the member or by any customer of the member, an “Exercise Advice” must be delivered by the member in such form or manner prescribed by the Exchange to a place designated by the Exchange no later than 3:20 p.m. (CT), or if trading hours are extended or modified in the applicable option class, no later than five (5) minutes after the close of trading on that day.

According to the OIC, it is normally not possible for an OCC member to bypass the exchange’s cut-off time, though I wonder whether it can be tolerated (like in the case of Farmers Group, Inc.)…

For physically-settled options, the only closing price that matters is the one on expiration Friday. If you exercise early, you immediately become long (or short) of securities; if you want to close your position right away you will have to use the after hours fair trading price, not the artificial and outdated closing price.

On cash-settled options however, an arbitrage strategy could consist in buying a call, selling the underlying to delta-hedge, and wait for a big downward move to occur after close and before 3:20 PM. This would allow you to exercise the call at an artificially high price, buy back the underlying at a low price, and therefore book a free profit. The reverse applies when being long a put and the underlying.
If there is no big move (and there usually isn’t any), you are good to unwind your delta-hedged position, hoping the implied volatility of the option will not have made your lose some money (and it is more likely to go down than to go up, since there has been no sudden move on the underlying), in the case you would not have hedged your vega.

Note: All referenced times are CST.

L’avenir de la zone euro : une erreur du passé, selon Charles Gave

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Cette conférence clairvoyante de lucidité, donnée à l’ENS en décembre 2009, laisse augurer de sombres jours pour l’Union européenne. La seule alternative plausible à l’effective mise sous tutelle du Vieux Continent par l’Allemagne, telle qu’attendue par Charles Gave, serait la sortie pure et simple de la zone euro ; permise par les reliquats de nationalisme présent dans chaque pays et les fausses croyances que la suppression du symptôme guérira le mal sous-jacent (le keynésianisme).

Lorsqu’une force extranationale est perçue comme responsable de la paupérisation d’un peuple qui s’estimait jusqu’alors libre, les plus mauvaises tendances de l’homme on tendance à se réveiller…
Frustration, planche à billet, hyperinflation, élection, et après ?
Il semblerait qu’une période prospère s’achève bientôt, et que nous allons devoir faire face aux turbulences qui accompagnent toujours la mise en place d’un nouvel ordre mondial.


Charles Gave – Euro/Ligne Maginot, même logique by les_ernest

Hayek vs. Keynes – The Rap

Une production econstories.tv.


Hayek contre Keynes – VOSTfr by Liberte_Cherie

Plier ses tee-shirts en deux secondes – Une leçon de productivité

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Cela faisait quelques temps déjà que j’avais vu une vidéo vantant les mérites de cette technique de pliage de tee-shirts et chemises, mais il fallait s’accrocher pour déterminer les étapes clefs permettant de reproduire l’exploit.
Aussi, lorsque je vois que certains ont pris le temps de la pédagogie, je me dois de saluer l’initiative. En effet, faut-il vraiment compter le nombre de personnes dans le monde concernées par cette tâche répétitive ? A part ceux qui ont quelqu’un pour le faire à leur place, et ceux qui ont fait le pari des tee-shirts jetables (lorsque certains pressings d’hôtels facturent 5€ le repassage, ou même si l’on compte le temps passé à laver et repasser soi-même, l’eau et l’électricité, un tee-shirt à 1€ – oui, cela existe, et même au bas de chez moi avec des inscriptions amusantes – apparaît comme une alternative inespérée, permettant en outre d’apporter du remblais pour les polders nécessaires dans notre lutte sans merci contre les ambitions conquérantes des mers et océans), plusieurs milliards d’être humains perdent chacun plusieurs milliers de minutes par an (en plus des plusieurs milliers de minutes de repassage – pratique culturelle aussi superflue que répandue).

Le gain de temps apporté par cette technique révolutionnaire de pliage des tee-shirts et vêtements de morphologie semblable, se traduirait donc concrètement pour l’humanité par 4 mn par jour * 365 jours * 6,8 milliards = 165 milliards d’heures.
Multipliez par le SMIC (soyons fous : 8,82 euros horaire au premier juillet 2009) et vous obtenez plus de 1459 milliards d’euros, soit pas loin d’une année de PIB français (1792 milliards en 2008) ou un peu plus que la dette publique française (1327 milliards en 2008)… Ou presque de quoi doubler le PIB de l’Afrique toute entière 1621 milliards en 2008).

En somme, une excellente leçon de productivité qui montre bien que les plus grands progrès de l’humanité résultent parfois de l’optimisation de simples gestes quotidiens.



Les traders ont plus que jamais besoin de vous

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La Fondation Erwin Mayer tient à associer toute son énergie à l’honorable mission caritative que l’association Save the traders a souhaité entreprendre.

Chacun a déjà pu faire ce constat simple : Les traders ont été injustement désignés comme les boucs émissaires de la crise mondiale que nous traversons. Non seulement c’est un raccourci fallacieux, mais c’est surtout oublier qu’ils en sont les premières victimes ! Fortune, emploi, honneur, certains d’entre eux ont tout perdu ou presque.

Alors, comme vous l’invite ce clip, que Save the traders a réalisé pour sensibiliser l’opinion publique à la situation désespérée de personnes de plus en plus nombreuses à Paris, Londres et New York, n’oubliez pas de donner beaucoup, ça aidera un peu.

Vous pouvez alternativement donner au Mir et au Bien, ils vous le rendront.

Production et circulation des richesses

Mon vénérable ami Louis-Arnaud m’a transmis dernièrement une introduction de son crû aux principes macroéconomiques fondamentaux d’une économie comme celle de la France :

Visualiser L.A. – Production et circulation des richesses

J’invite cordialement tous ceux qui veulent proférer un peu moins d’inepties ou d’imprécisions lors des dîners mondains à lire attentivement ce qui y est présenté.

La bancassurance, un pas de trop vers le précipice ?

Je vous conseille la lecture de cet article très intéressant d’Alain Trannoy qui met en exergue en quoi la fonction relativement récente des banques, converties en assureurs de crédits, pose problème par rapport aux mécanismes d’assurance classique. Ou comment appliquer des solutions d’un domaine à un autre domaine sans prendre en considération les hypothèses sous-jacentes (ça me fait penser à toutes ces chaînes de Markov et autres modèles probabilistes dont on oublie trop souvent les assumptions).

Pourquoi si vite, si fort, si simultané ? Pourquoi cette propagation aux banques européennes ? Cette question intrigue tout un chacun à propos de la très sévère crise de confiance qui touche les banques occidentales. Si toutes ne meurent pas, toutes semblent atteintes, malades en effet, de s’être lancées dans un métier, l’assurance, qui présente des écueils spécifiques. Faute d’être parvenus à les maîtriser, les instruments d’intermédiation financière ont provoqué une panne des échanges sur le marché interbancaire, typique d’une défaillance de marché provoquée par une asymétrie d’information généralisée entre tous les acteurs du système…

Le Billet et le Courtier

En ce jour de krach pour l’économie mondiale, je me permets de ressortir de mes archives cette fable que j’avais écrite voilà cinq ans. Le thème est bien connu, mais donne plus que jamais à réfléchir :

Le Billet et le Courtier

Un financier ruiné depuis quelques printemps,

Glanant débauché sur un trottoir répugnant,

Aperçut devant lui une coupure d’argent.

Notre mendiant, brutalement s’agite

Otant de sa tête les idées parasites.

Dans sa course, c’est logique

Il médite sur le morceau de fric :

« Cinq euros seraient laids,

Cependant bien assez,

Je les place vite en bourse et

Demain risquerai quelque gain ;

La moitié au banquier, le quart au prêt foncier.

Un mois ainsi, c’est aisé.

A moi, le raté, qui de tout fut privé,

Je sens que l’argent redevient familier !

Dans mes poches à moi, le nul,

Je perçois le pognon qui pullule ! »

Dans sa bourse la fortune défile,

Et tandis qu’il file

Vers lui un homme se faufile

S’incline, se penche, s’abaisse,

Récupère en liesse l’appât de la paresse.

Le gueux s’arrête, contemple sa défaite :

Broker, trader, « J’achète », fortune faite,
A tort et avec rien il crut gagner le faîte.
 
E. Mayer (2003)

Lehman Brothers victime de son insuccès

La malédiction a encore frappé. Mais qu’ont donc pu faire de mal ces grosses institutions qu’on vénérait encore jusqu’à il y a peu comme des fleurons de la haute finance ?
Après sa soeur cadette Bears Stearns, dont j’avais amplement fait la nécrologie ici et ), Lehman Brothers n’est plus.

La prochaine ? JP Morgan ? Morgan Stanley ? Merril Lynch ? Allons, gardons le sourire, cela restera une belle histoire pour une saga au cinéma. Voilà encore une bonne illustration de l’intérêt de travailler dans la finance de marché en tant que salarié : rafflez le maximum pendant les années fastes ; lorsque les années de vaches maigres surviendront (par votre faute), vous n’aurez qu’à laisser vos congénères mourir de faim et, devant un bon repas, déplorer comme eux la situation.

The Associated Press – 13/09/08 à 13:35:20 – La banque Lehman Brothers va-t-elle passer le week-end?

Géant de Wall Street qui a lancé le commerce du coton aux Etats-Unis avant la Guerre de Sécession et financé un réseau ferroviaire qui aida à bâtir le pays, la vénérable banque Lehman Brothers pourrait bientôt tomber dans l’histoire. Dernière victime en date de la crise des prêts hypothécaires à risque, l’établissement a lancé une opération survie, mais il pourrait bien être dépecé d’ici dimanche soir.

“Rien, hormis un miracle, ne peut sauver Lehman en l’état”, lance Anthony Sabino, professeur de droit et des affaires, qui ne donnait pas jusqu’à lundi matin à la banque…

Pour tenter de sauver Lehman Brothers, une réunion d’urgence s’est tenue vendredi soir à New York, avec des représentants des principales institutions financières américaines et le secrétaire au Trésor Henry Paulson.

Après les géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, la quatrième banque d’investissement du pays est en effet la dernière victime en date de la crise du crédit immobilier: après avoir résisté des mois durant à la tentation d’un rachat, elle a présenté un plan de restructuration et cherche désormais désespérément un repreneur.

Vendredi soir, alors que les spéculations et rumeurs allaient bon train dans la presse spécialisée, tout l’establishment financier du pays s’est retrouvé à négocier: outre le secrétaire au Trésor, étaient notamment présents le président de la SEC, la commission des opérations de bourse américaine, et celui de la branche new-yorkaise de la Fed. Selon le “Wall Street Journal”, les dirigeants de Morgan Stanley et de Merrill Lynch assistaient aussi à cette rencontre.

Selon les observateurs, Lehman pourrait être dépecée, d’autres sociétés financières acquérant ses différentes activités. Son immobilier risque d’être vendu à perte…

Parmi les acheteurs potentiels, qui ont tous refusé de faire un commentaire, on avance les noms de la Bank of America, et à l’étranger, la britannique Barclays, la japonaise Nomura Securities, la française BNP Paribas ou encore l’allemande Deutsche Bank.

Vendredi, l’action Lehman a terminé à 3,65 dollars, un plongeon historique et humiliant de près de 95% sous son record de 67,73 dollars.

Fondée il y a 158 ans, Lehman Brothers est l’une des plus anciennes sociétés de Wall Street, finançant le coton d’Alabama, puis la construction du chemin de fer de Pennsylvanie, avant de bâtir sa réputation sur la gestion de bons du Trésor et autres valeurs.

Durant ses 15 années à la tête de la banque, son PDG Richard Fuld a étendu ses activités aux investissements financiers et à la gestion de fonds pour de riches clients. Mais en prenant de l’ampleur, la banque a également pris des risques, notamment sur les prêts hypothécaires. Et elle a été touchée de plein fouet par la crise du “subprime”. Au cours des seuls deux derniers trimestres, les pertes de Lehman Brothers ont grimpé à près de sept milliards de dollars (4,97 milliards d’euros).

Et dans son cas, la banque ne pourra pas compter sur le gouvernement: alors que les autorités avaient mis la main au porte-monnaie en mars pour permettre le rachat de Bear Stearns par JPMorgan Chase, Henry Paulson s’oppose totalement à un soutien à Lehman Brothers, selon une source proche du dossier. AP

Dealing with trading issues in the Société Générale

This confidential flowchart from the Société Générale will definitely help us better understand what exactly occurred in January of this year with Jérôme Kerviel. Now that we know he followed the procedure carefully, who’s to blame?

Société Générale Issue Flowchart

For those who may not know, “Oui = Yes” and “Non = No”, the diagram is written in classical Société Générale Franglish.

Mission green : deuxième rapport interne de la Société Générale

Faisant suite au premier rapport de synthèse rendu mi février 2008 (et téléchargeable ici), on lira avec intérêt le deuxième (et dernier) rapport de la Mission green mise en place pour éclaircir l’affaire Kerviel, menée par le très respecté Jean-Martin Folz, ex PDG de PSA et administrateur de la Société Générale, et publié fin mai. Il passe en revue aussi bien les manipulations effectuées par le trader que les défauts de contrôle en interne et de la part des organismes externes. Vous pouvez le télécharger ici au format PDF.

Plus spécifiquement selon el Gosto, il se concentre sur les points suivants :

  • L’activité de JK.
  • Présentation de l’organisation SG.
  • Le trader réussit à cacher son résultat réel, faisant apparaître un résultat « officiel » en comparaison très faible.
  • Les mécanismes de dissimulation utilisés par JK.
  • JK a utilisé des faux e-mails à sept reprises.
  • La chronologie des faits.
  • Résultat des travaux de rapprochement.
  • Une partie significative du résultat déclaré de JK provient de son activité frauduleuse mais nous ne pouvons pas en établir le montant exact.
  • Liste des flux de provisions de plus de 50 MEUR saisis en 2007 et janvier 2008 avec le matricule de l’agent du middle office opérationnel dédié à l’activité de JK.
  • Le départ du précédent manager de JK a coïncidé avec le début de ses prises de positions massives frauduleuses.
  • Trois documents normatifs encadrent l’activité d’un manager de trading.
  • Le montant du résultat de JK aurait dû alerter sa hiérarchie.
  • Une analyse approfondie des informations disponibles relatives à la trésorerie aurait pu permettre de détecter la fraude.
  • Les cas de défaillance des opérateurs sont rares au regard des procédures en vigueur ; en revanche, les opérateurs n’approfondissent pas systématiquement leurs contrôles au-delà de ce que prévoient les procédures.
  • Résultats des investigations complémentaires sur le périmètre de SG CIB.

Préparer sa retraite selon l’Agence France Trésor

Me sentant hautement concerné par la problématique, j’ai accueilli avec une extrême bienveillance cette illustration d’un guide émis par l’Agence France Trésor et visant à former les Français sur la gestion de leur patrimoine via les Obligations Assimilables du Trésor (OAT).

Préparation à la retraite

Voilà ce que voulait certainement dire notre Président avec ses fameux “Il faut travailler plus pour gagner plus” et autres “Libérons le travail” : il ne parlait pas de se prendre la tête à remettre en question les 35 heures, non, il souhaitait en réalité que les Français puissent faire travailler plus efficacement leur patrimoine. Il fallait donc soutenir le capitalisme, fût-il d’Etat. C’est tout de même moins fatiguant comme cela. Et cela rend enfin caduque le dilemme suivant :

Si l’on travaille plus, on va gagner plus. Or si l’on gagne plus, on va travailler moins. Mais si l’on travaille moins, on va gagner moins. Donc si l’on travaille plus, on va gagner moins. Comme si l’on gagne moins on va travailler plus, au final on va travailler plus pour travailler plus.

En effet, si l’argent travaille plus, il va gagner plus, et pourra donc travailler plus pour gagner plus. On va donc gagner plus pour gagner plus, et tout le monde est content. On comprend mieux le bon sens animant notre ami sur le hamac.

La bourse : une affaire rentable ?

Gunther Capelle-Blancard et David le Bris publient sur Télos un article intéressant sur les performances d’un CAC40 reconstitué depuis 1854. Etait-il rentable de suivre passivement le marché ces 154 dernières années ? La réponse est mitigée, vu les inégalités de performance en fonction des périodes. Mais l’on apprend aussi que les placements alternatifs (bons du trésor, or) auraient tout juste permis de compenser l’inflation.

Il semble donc qu’une approche active soit à préconiser pour superformer le marché, en particulier en tirant profit de la volatilité de marchés plus prédictifs comme l’immobilier ou en s’impliquant dans les choix stratégiques des entités recevant les investissements. La Fondation Erwin Mayer publiera une étude sur ses performances d’ici 5 ans. Au programme : créations, participations, fusions & acquisitions d’entreprises pour le plus grand bonheur de la création de valeur et de la croissance.

Telos – 19 Juin 2008
Le CAC 40 a vingt ans. Coté pour la première fois le 15 juin 1988 (avec une valeur de base de 1 000 points au 31 décembre 1987), cet indice depuis a été multiplié par 5, soit une progression moyenne de 8 % par an. Si les dividendes avaient été systématiquement réinvestis, la rentabilité totale aurait été de 11,5 % par an. Alors que les douze derniers mois ont été catastrophiques, une telle rentabilité est plutôt d’ordre à rassurer les investisseurs. À condition bien sûr que le futur soit à l’image du passé…

Les économistes considèrent généralement que pour avoir des estimations robustes, il faut disposer de séries suffisamment longues pour s’affranchir des heurts conjoncturels. David Le Bris a reconstruit l’indice CAC 40 depuis 1854 à partir des archives boursières. Les règles adoptées sont le plus proche possible de celles utilisées aujourd’hui par Euronext. Ce travail permet d’éclairer sous un jour nouveau le débat sur les performances de la Bourse de Paris. Ainsi, un portefeuille de 100 investi en 1854 vaudrait aujourd’hui 5 000. En supposant que les dividendes aient été systématiquement réinvestis, ce portefeuille vaudrait 1,8 millions, soit une progression annuelle moyenne de 6,5 %.

De cette performance nominale doit être déduite une inflation de 5,5 %, limitant à 1 % par an la rentabilité réelle. Il convient toutefois de distinguer deux régimes de croissance. Avant 1914 et depuis 1983, les prix sont stables : les actions offrent une rentabilité réelle totale de 5,5 % sur la première période et de 11 % sur la seconde. En revanche, entre 1914 et 1983, avec une inflation moyenne de 11 %, la performance réelle des actions est de –5 % : les périodes de forte inflation qui suivent chaque guerre mondiale ont laminé les actionnaires.

Quels enseignements pouvons-nous en tirer en ce qui concerne l’évolution future du CAC 40 ? La politique monétaire est aujourd’hui conduite de mains de fer par la BCE et l’inflation semble maîtrisée. On peut donc raisonnablement espérer une performance réelle moyenne au dessus de 5 %. Tabler sur une performance de 11% ? Pourquoi pas, mais c’est très optimiste tant ces vingt dernières années font figures d’exception.

Et qu’en est-il des autres placements ? Sur la période 1854-2008, les emprunts d’Etat offrent (coupons réinvestis) une rentabilité réelle à peine positive. Quant à l’or, il est performant dans les périodes difficiles mais maintient juste le pouvoir d’achat sur la durée. Ce qui est donc certain, c’est que les actions constituent le placement le plus rémunérateur à long terme. Au prix bien sûr d’une forte volatilité.

L’histoire de la Bourse est ponctuée de crises. La première, en 1857, vient (déjà !) des Etats-Unis qui profitent de la guerre de Crimée pour substituer leur blé aux exportations ukrainiennes et importent en masse les biens manufacturés européens. Mais le retour des blés d’Odessa provoque la chute des revenus agricoles américains, la faillite des importateurs puis de leurs banquiers avant de frapper l’Europe. Comme quoi, la mondialisation financière ne date pas d’hier… Le niveau de 1857 est dépassé dès 1879, à l’occasion de la forte vague haussière qui s’interrompt avec le krach de janvier 1882. C’est la faillite de la fameuse Union Générale qui restera dans la postérité grâce au roman qu’elle inspire à Zola, L’Argent. Il faut ensuite attendre 1926, soit 44 ans, pour que le record de 1882 soit enfoncé, mais l’embellie sera de courte durée. En 1929, la France ne connaît pas de krach mais une longue dépression ponctuée notamment par la faillite de la Banque Nationale de Crédit. Se pose alors l’éternel dilemme : « pour sauver les innocents, il faut sauver les coupables » ! La Bourse de Paris ne rebondit ensuite qu’avec la Seconde Guerre mondiale, portée à la hausse par la fermeture des frontières et l’immense émission de monnaie pour payer les frais de l’armée d’occupation. Dans ce contexte, tout ce qui ressemble à une valeur réelle est recherché : les actions comme l’or, les timbres poste ou l’immobilier. Mais la croissance est de courte durée : la Bourse s’enfonce avec le marasme économique de l’immédiat après guerre.

Les nationalisations de la Libération (un tiers des quarante premières capitalisations de 1939 est nationalisé) réduisent nettement la diversification de l’indice et les valeurs pétrolières jouent alors les premiers rôles. Filiale française de la Standard-Oil, Esso, qui est alors la cinquième capitalisation, voit son cours multiplié par dix en 1954 suite à la découverte de pétrole dans les Landes. Le Sud-Ouest ne deviendra pas le Texas français mais c’est l’ensemble de la cote parisienne qui rebondit. Et on est déjà au-delà des 1 000 points ! On entre ensuite dans une longue période de baisse, jusqu’en 1981 où les actions chutent de 30 % avec l’élection de François Mitterrand. Les nationalisations ramènent en janvier 1983 le ratio capitalisation boursière du CAC 40 sur PIB à 2 %, contre plus de 20 % en 1914 et même 36 % lors du sommet de 1882. Avec les dénationalisations récentes et la forte hausse des actions depuis 25 ans, à peine heurtée par le krach d’octobre 1987, ce ratio est aujourd’hui de près de 60 % (avec un pic au-delà de 75 % en 2000).

Il a donc fallu une quarantaine d’années à l’indice boursier parisien pour franchir le niveau de 1882 et une trentaine d’années pour dépasser celui de 1961. Alors, combien de temps le record du CAC 40 de 6 922 points du 4 septembre 2000 tiendra-t-il ?

Why startups fail

Here is an interesting post regarding some reasons why startups might fail. They can look obvious but any entrepreneur should be aware of them.

Clairvoyance & Simplicité

For those who would be lazy reading the full article (although not that long), I have drawn the following outlines :

  • They spend too much on sales and marketing before they’re ready
  • The market outpaces the startup’s ability to execute
  • There is no Entrepreneur
  • The market takes too long to develop
  • Failure risks are not properly identified

And I would personally add a few more:

  • They fear to meet their market 
  • They wait for their product to be perfect before starting selling it
  • There is no innovation, or it can be copied too easily

Regarding these potential factors of failure, or if properly avoided, factors of success, I wonder where a promising startup company like Goojet will go. Millions of euros have been invested and they have been developing their product for one year and a half, but they only went into public beta a few days ago, while the field is highly competitive and there is a strong need for network externalities (the more people the better), especially since their revenue model is based on a large user base.

Would the best outcome for them be to sell their technology/platform before other players catch them up (and they can make tens of millions that way, which is not bad for a company without clients!), or to meet the challenge and keep on faster with a much more reactive and adaptative strategy? You should not doom a company unless you are shortselling it…

Mostapha Belkhayate : L’or atteindra 1.450 dollars avant la fin de l’année et passera la barre des 2.000 dollars en 2009

Mostapha Belkhayate est-il un Warren Buffet de la spéculation, ou un énième gourou qui finira par se planter à force d’être trop téméraire ?
Une chose est sûre, tant que les performances sont au rendez-vous, il est très tentant de confier sa fortune à un winner, et, je vous l’accorde, est toujours préférable à croire en la remontée d’un looser.

Cliquez ici pour lire l’interview avec ses croustillants pronostics.

Un milliardaire des bois

En voilà un que je ne connaissais pas encore. Sa stratégie me paraît très bonne. Il fait une sorte de mini OPA hostile et ensuite pourra faire pression pour faire racheter ses actions par Microsoft.

Libération – Le milliardaire Carl Icahn pousse Yahoo dans les bras de Microsoft – vendredi 16 mai 2008

Pour le directeur et le conseil d’administration d’une entreprise, savoir Carl Icahn s’intéresser de très près à vous n’est jamais une bonne nouvelle. Le milliardaire new-yorkais de 71 ans, réputé pour s’inviter dans le capital d’entreprises en difficulté afin d’imposer ses hommes ou pour forcer des décisions stratégiques, a lancé une fronde contre Yahoo. Histoire de forcer le portail Internet à accepter l’offre de rachat de Microsoft, dix jours à peine après l’échec des négociations entre les deux groupes. Depuis la semaine dernière, l’actionnaire activiste a accumulé 59 millions d’actions Yahoo, qui représentent 3,6 % de son capital. Par son offensive, Carl Icahn souhaite imposer le remplacement d’une dizaine de membres du conseil d’administration du portail.

Os. Le refus par les dirigeants de Yahoo, le 3 mai, de l’offre de rachat de Microsoft à hauteur de 47 milliards de dollars (30 milliards d’euros) a été mal reçu par plusieurs actionnaires de Yahoo. C’est sur ce mécontentement que s’appuie aujourd’hui Carl Icahn, même s’il n’a pas encore obtenu l’assurance des patrons de Microsoft qu’ils reprendront leurs pourparlers avec le portail Internet et son nouveau conseil d’administration. Ces derniers jours, plusieurs dirigeants de Microsoft ont déclaré qu’ils ne reviendraient pas sur leur décision. Si la nouvelle n’a pas paru ébranler Jerry Yang, le patron et cofondateur de Yahoo, celui-ci a néanmoins des soucis à se faire. Tenace, Carl Icahn lâche rarement son os lorsqu’il entreprend pareil investissement. Celui qui aime se faire passer pour le «Robin des bois des milliardaires», adoré des actionnaires mais franchement détesté des PDG, a déjà un certain nombre de succès à son actif.

Il y a un mois, après un long bras de fer, il forçait Motorola à accepter deux de ses hommes à son conseil d’administration. Malgré les réticences initiales du géant de la téléphonie, il a obtenu gain de cause en échange du retrait de sa plainte qui aurait forcé le géant des télécoms à révéler des informations dévastatrices sur les problèmes de gestion de sa branche mobile. Dans une manœuvre du même type à la fin 2007, Icahn avait poussé avec succès Oracle (logiciels informatiques) à revenir à la table des négociations et à conclure le rachat de BEA Systems (logiciels de base de données) dont il était l’un des actionnaires.

Décrit comme un personnage complexe, fils d’une institutrice et d’un chanteur de synagogues dans le quartier du Queens, Icahn, né en 1936, avait entamé des études de médecine à Princeton, avant de se lancer dans la finance. Il y acquiert rapidement une réputation d’actionnaire activiste. Au fil des ans, il s’est illustré pour avoir rapporté de juteux bénéfices à des millions de petits porteurs en menant des opérations hostiles contre des géants. Son terrain de chasse s’est étendu à divers secteurs, du pétrole à l’hôtellerie, en pensant par la pharmacie, l’immobilier, ou l’automobile. Il s’est également élevé contre les salaires et les «parachutes dorés» en cas de licenciements des PDG.

Plainte. Dans une lettre au président de Yahoo, Roy Bostock, Carl Icahn écrit avoir établi une liste provisoire de dix administrateurs potentiels, dont lui-même, Frank Biondi, ancien patron de Viacom, Keith Meister, vice-président d’Icahn Entreprises, et Mark Cuban, cofondateur du réseau câblé HDNet. Ces administrateurs soutiendraient l’offre à 33 dollars l’action faite par Microsoft. Hier, le cours de Yahoo gagnait 1,85, à 27,60 dollars. D’autres actionnaires du portail mènent campagne contre la direction, dont Scott Galloway, fondateur du fonds d’investissement Firebrand Partners. Sept d’entre eux ont déjà porté plainte contre Yahoo.

La baraka justifie-t-elle des primes de 250 millions de dollars ?

C’est la question que je me pose. Le problème avec ce qui est présenté dans l’article du Monde ci-dessous est le suivant : M. Coffey a réalisé plus de 68% de performance entre 2004 et 2007. Bien, mais combien de ses homologues ont perdu ou fait des rendements bien moins digne de pavaner ? Jusqu’où peut-on vraiment penser que son résultat est bien dû à sa “tête bien faite” ? Prenez 100 personnes et faites leur jeter des dés, vous en trouverez bien une minorité qui font des six bien plus souvent que la moyenne. Quelles conclusions en tirer ? Aucune.

Je ne suis pas un grand fan des critiques à l’encontre de ceux qui gagnent de l’argent, bien au contraire, mais jusqu’où un salarié mérite-t-il d’être payé pour un travail qui n’est peut-être qu’hasardeux ? Avant 2004, et après 2008, quels rendements ? S’il tombe dans le rouge, aura-t-il une prime négative ? Non. Il investissait où ? “Fonds émergents”. Tout est dit. Ces marchés ont grimpé en flèche ces dernières années, 68% n’ayant rien de brillant par rapport aux hausses des indices boursiers de ces pays. Le jour où la bulle va éclater, M. Coffey paiera-t-il les pots cassés, ou laissera-t-il ses clients assumer entièrement les risques pris ?

Il y a cependant peu de chances que cela change à l’avenir, car je ne serais pas surpris qu’en réalité les clients soient certainement très contents malgré tout. Il y a juste un parasite au milieu qui se prend pour une star quand tout va bien et qui s’éclipse quand tout va mal.

Rien de personnel dans ces propos, je ne connais pas encore M. Coffey ni les stratégies d’investissement/spéculation qu’il a mises en place. Mais voilà des réflexions générales sur le sujet, qui me confortent dans l’idée qu’il est possible en finance de gagner énormément sans avoir de mérite particulier, hormis au début pour entrer dans la danse. Au vu de mes performances réelles lors de ce début, il ne me déplairait pas d’être engagé par GLG Partners en remplacement de M. Coffey. Quand on gère 4 milliards de dollars, l’approche du marché est complètement différente et à mon avis beaucoup plus déterministe que lorsqu’on en gère 100 000. Or, j’aime ce qui est déterministe.

Comment flamber une prime de 250 millions de dollars (162,3 millions d’euros) ? Cet exploit, le financier londonien Greg Coffey, 36 ans, vient de le réaliser. En quittant GLG Partners, le deuxième plus gros hedge fund britannique, pour créer son propre fonds spéculatif, le trader a en effet perdu [renoncé à, NDLFEM] ce pactole que devait lui octroyer son employeur.

Pour GLG Partners, le départ du petit génie australien, gestionnaire de ses quatre fonds émergents phares, est une catastrophe. Car la star de la City a réalisé des rendements records, plus de 68 % entre 2004 et 2007. La clientèle de M. Coffey a commencé à retirer ses avoirs pour les lui confier, et ces retraits, selon GLG, devraient représenter 4 milliards de dollars, soit 16 % de ses actifs.

“Je pense qu’ils sous-estiment les montants en péril. Greg était leur vraie vedette, avec une tête bien faite, un grand savoir-faire et une détermination à toute épreuve. Il a aussi la baraka”, souligne un vétéran de la profession, à la tête d’un fonds de fonds. A lui seul le natif de Sydney a rapporté, en 2007, la moitié des commissions du hedge fund.

Comment expliquer la décision de ce héros de la finance, à qui GLG avait versé une rémunération de 300 millions de dollars (194,8 millions d’euros) lors de l’exercice 2007-2008 ?

“Dans les hedge funds, l’absence d’entraves bureaucratiques favorise la créativité. Ce secteur est un terreau fertile à l’éclosion de personnalités indépendantes. Greg a voulu être son propre boss”, analyse un observateur. M. Coffey a suivi l’exemple d’autres superstars des marchés. Comme Christopher Hohn, son compère, parti de Perry Parker à New York pour fonder The Children’s Investment Management Fund (TCI), expert des coups boursiers. Ou le trio fondateur de GLG, venu de Lehman Brothers. Sans oublier le Français Philippe Jabre, principal trader de GLG, condamné en mai 2006 pour abus de marché dans l’affaire Sumitomo qui a monté le fonds Global Macro, à Genève.

A l’évidence, M. Coffey supportait mal la tutelle des trois principaux associés de GLG, qui en détiennent 53 % des droits de vote. Et il se sentait à l’étroit dans une entreprise soumise aux inquisitions des analystes et des médias depuis son introduction à la Bourse de New York en 2007. Le Monde

S’inviter au festin de la finance moderne

Ce post publié ce jour sur Duo&Co cadre bien à mon opinion sur la finance moderne. Ma conclusion cependant est qu’il ne faut donc pas se gêner à venir prendre sa part du gâteau, quitte à mieux la digérer que ces gens-là…

Bonjour, je suis banquier, j’ai 40 ans, je suis vendeur de produits financiers complexes appelés dérivés de crédit. Je gagne 5000€ nets par mois hors bonus. Ma vie professionnelle se partage entre Paris, Londres, New York et parfois l’Asie. Ces dernières années, j’ai ramassé pas mal de blé. En effet, les facilités de crédit accordées par les banques centrales & la profondeur du marché de la dette résultante m’ont permis d’infuser le monde entier de mes CDOs, sortes de package de dettes dans lequel on met de la dette de bonne qualité et du « subprime » et qu’on refile à qui veut contre commissions, diners & blablas de financiers. Aujourd’hui, on se rend compte que tout cela, c’est du « bullshit », que ça masque le risque réel. Pas faux ! A vrai dire, sur le coup, je ne l’avais pas réalisé. Personnellement je m’en fous car sauf cette année, j’ai toujours touché mes primes. Cela m’a permis de m’acheter un appart à Paris, un flat à London & un lounge à New-York. Le reste de mon salaire part dans mes déplacements, l’achat d’ordinateurs (un par mois), la coke, les putes et les sorties. Accessoirement, je déteste les fonctionnaires et les 35h.

Bonjour, je suis fonctionnaire, j’ai 40 ans, je gagne 1700€ par mois. Plus exactement, je suis bibliothécaire dans une université publique de Paris. Je fais 35 heures par semaine, ou moins quand je m’arrange avec ma collègue. L’essentiel de mon activité professionnelle consiste à remettre à leur place les livres que les étudiants ont temporairement empruntés. Cela occupe à peine un dixième de mon temps de travail. Le reste, je le passe sur internet auquel j’ai accès en permanence. J’ai deux passions dans la vie, l’histoire et l’informatique. Ainsi, je contribue à renseigner wikipédia sur certains sujets historiques très précis et qui me passionnent, en travaillant consciencieusement et en citant mes sources. Je viens d’ailleurs d’être promu « bureaucrate » dans la hiérarchie wikipédia. Parallèlement, j’ai appris par moi-même plusieurs langages de programmation (c, c++, php, java..), cela me permet d’animer un blog de geeks-informaticiens. Parfois des étudiants du monde entier me posent leurs problèmes et je tente d’y répondre gratuitement à l’aide des livres dont je dispose à la bibliothèque. Je suis en outre content developper pour OpenOffice, la suite bureautique libre et gratuite qui supplantera bientôt Office de Microsoft. J’ai hérité d’un grand appart dans le 5ème arrondissement et je vais en vélib au travail. Je crame tout mon salaire en ordinateurs que je revends sur eBay pour ne pas qu’ils pourrissent dans mes poubelles. J’aime les restos, les bons Bordeaux et le tri des ordures.

En théorie, le banquier crée de la valeur financière pour ses actionnaires. En théorie seulement, puisque cette année, la plupart des banques accusent de lourdes pertes. Le fonctionnaire-bibliothécaire, lui non plus ne crée pas de valeur financière, quoique.. Celle-ci est difficilement mesurable lorsqu’il s’agit de service public d’éducation ou d’actionnaire-contribuables. Par contre, son bilan en termes de “valeur sociétale” est bien meilleur. Il ne pollue pas ou peu et contribue à diffuser gratuitement la connaissance.

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